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Plaisir de lire

Plaisir de lire

Par MARIANNE SANDEVOIR, publié le jeudi 5 octobre 2017 10:29 - Mis à jour le vendredi 6 octobre 2017 10:39

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'actualité du monde des livres

 

  • Solitude et espoir, détresse et bienveillance, la rencontre entre la romancière écossaise Gail Honeyman et le Rouennais...

    Solitude et espoir, détresse et bienveillance, la rencontre entre la romancière écossaise Gail Honeyman et le Rouennais Philippe Krhajac au festival du Premier roman de Chambéry était particulièrement attendue. Eleanor Oliphant va très bien, (trad. Aline Pacvon-Azoulay, Fleuve) et Une vie minuscule (Flammarion) ont tous deux des personnages écorchés vifs. Une trentenaire comptable dans une société de design et un enfant de 4 ans, placé dans un orphelinat. Avec tant de points communs.




     

    Rien dans les parcours de Gail Honeyman et de Philippe Krhajac n’aurait pu les conduire à l’écriture de romans si proches, sauf peut-être, explique le second, « ce besoin de bienveillance qui est une nécessité universelle ». Écriture vue comme un challenge, pour l’Écossaise, « que de raconter la vie d’une femme qui est à l’opposé de moi », ou parole vraie, réaliste, « avec une dimension semi-biographique », souligne le Français. « Mais ma vie, vous vous en moquez : le plus important, c’est la fiction. »
     

    Dans Eleanor Oliphant va très bien, c’est la vie d’une trentenaire, accablée de reproches par sa mère que l’on va suivre. Elle tombera amoureuse d’un horrible et détestable chanteur de rock, pour le pire. C’est grâce à sa rencontre avec Raymond, un collègue qui va la soutenir et l’accompagner, qu’Eleanor trouvera la force de s’accomplir, brisant le cercle de ses habitudes.


    Pour Phérial, le jeune héros d’Une vie minuscule, c’est la maltraitance vécue dans une famille d’accueil qui va le précipiter dans un orphelinat. Au contact de trois femmes, « trois fées, qui sont autant de figures féminines, femme d’action, de réflexion et de cœur », qu'il trouvera son échappatoire. Non sans avoir interrogé parfois les étoiles, pour trouver une réponse sans être jugé.

     

    Ils ont appris a survivre, plutôt qu'à exister


    Deux ouvrages que tout sépare tant dans leur rédaction que dans les sujets abordés, mais deux héros qui partagent ce monde de souffrance et cet absolu besoin de rédemption — finalement entourés de personnages qui les accompagneront sur le chemin de la vie. Parler d’une quête initiatique relèverait presque du superficiel : au cœur de leurs textes, le mal-être et le vide.


     

     

    Chez Eleanor comme pour Phérial, s’enclenchent alors des processus de survie — car « elle ne sait pas vivre, elle est totalement handicapée socialement », note Gail Honeyman, quand le jeune garçon « a un besoin terrible d’apprendre à dépasser la survie, pour mordre dans la vie à pleines dents ». Parce que les deux personnages « semblent avoir appris à survivre, plutôt qu’à exister ».


    « Je voulais un roman qui raconte avec véracité la vie de cet enfant, avec une justesse dans l’écriture », indique Philippe Krhajac. « J’ignore si la fin est heureuse ou malheureuse, mais elle est ouverte, comme je la souhaitais, parce que la vie elle-même est emplie de possibilités. »

     

    “La bienveillance a le pouvoir de changer l'univers”


    Gail Honeyman parle plus facilement d’un défi, tant le personnage et son existence sont éloignés de sa propre vie. « Ce qui me tenait à cœur, c’est de montrer l’importance d’une gentillesse, sans jugement de l’autre. C’est le personnage de Raymond, qui va apporter à Eleanor tout ce qui lui manque — à commencer par la confiance en elle. »


    Et d’ajouter : « Parce que le moindre geste de bienveillance, de gentillesse a le pouvoir de changer notre univers. » Philippe Krhajac rebondit : « C’est ce qui est gratuit, qui est divin : ces choses que l’on réalise sans violence, pour l’autre, et soudainement, tout devient possible, même de déplacer les montagnes. Sans toi, pas de moi, en fait. Et notre besoin de rattachement à l’autre, pour exister, qui peut s’accomplir. »




     

    Entre Phérial et Eleanor, ce sont des stratégies de reconquête qui se mettent en place. « Eleanor se définirait comme une créature d’habitudes : la routine est sa manière de survivre. Sa stratégie est logique pour que rien ne soit remis en cause dans son quotidien. Or, comme elle est seule, personne ne la défie », relève Gail Honeyman.


    « L’univers où évolue Phérial est totalement décousu, et lui aussi, d’une certaine manière, cherche des repères. Il se rattache à des gestes humains — comme le fait aussi simple que de s’asseoir à une chaise — pour ne pas être marginalisé. Sa stratégie de séduction, elle passe par les armes des adultes : le langage, l'écrit, et la parole. Pour sortir de l’orphelinat, il devra subir une batterie de tests. Alors, il joue avec les adultes, mais sait qu’ils sont les maîtres de sa vie », poursuit Philippe Krhajac.


    Reste que cette bienveillance des personnages qui apporteront la chaleur manquant aux vies de l’un et l’autre, sont au cœur des romans. « Un jour, quelqu’un ou quelque chose vous apprend à déposer les armes. Et ce jour-là, on peut être sauvé », conclut-il.

  • Le 21 mai 1919, Victor Ségalen s’éloignait dans la forêt du Huelgoat, pour ne plus revenir. Du 30 mai au 2 juin 2019,...
    Le 21 mai 1919, Victor Ségalen s’éloignait dans la forêt du Huelgoat, pour ne plus revenir. Du 30 mai au 2 juin 2019, dans le cadre des commémorations du centenaire de sa mort, Victor Segalen dans son dernier décor propose une quinzaine d'intervenants, un ensemble musical, des lectures et des ateliers, qui rendront hommage, pendant 4 journées, au médecin, sinologue et poète.
     


    Les commémorations du centenaire de la mort de Victor Segalen, au Huelgoat, se dérouleront à l'espace d'art l'Ecole des filles, sous le double parrainage d'Erik Orsenna et de Christian Doumet (en charge de la future publication en Pléaïde, annoncée pour cette année, finalement prévue pour l’année prochaine).

    Projet pédagogique et collégial, seront également présents pendant la manifestation : la revue étudiante de philosophie Opium, l'association Victor Segalen, la Faculté Victor Segalen (UBO) de Brest, et le Collège Jean-Jaurès du Huelgoat.

    Sur initiative de l'association, deux classes de cinquième avec leurs professeurs de français développent trois axes autour de Segalen, qui seront présentés lors du Centenaire (travaux d'écriture, lectures de textes, réalisation d'une fresque-planisphère).

    Par ailleurs, tout au long des 4 journées, les différents acteurs associés à l'événement proposeront des ateliers à destination de tous les publics : initiation à la philosophie avec la Revue Opium, découverte de la musique classique à l'époque de Segalen, rencontres avec les auteurs. 

    Cette démarche s'inscrit dans le projet culturel et éducatif de cette ancienne école communale de jeunes filles, construite en 1910, réhabilitée en espace d'art. Le lieu a pour vocation une démocratisation innovante de la culture et de la lecture tout en valorisant l'histoire et de la mémoire du territoire.

    Chaque année, depuis sept ans, lors du week-end de l'Ascension, l'association des amis de l'Ecole des filles organise dans l'espace d'art, l'Ecole des filles, des Rencontres Victor Segalen en hommage à cette figure majeure de la littérature internationale.

    Cette manifestation est le coup d'envoi du festival de l'été des 13 dimanche (mai-septembre), parrainée par Mona Ozouf et Alain Rey.

    Vous trouvrez sur la page dédiée l'ensemble des informations.  

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Victor Segalen – Stèles – 1912 @actualitte #poésiedusamedi #titiroots #poésie #patrimoine #instapoesie #poeme #poetes #envers #contretout #instapoetry (Et un clin d’œil à Mes pas vont ailleurs, de Jean-Luc Coatalem , rentrée littéraire @editionsstock , somptueux) Perdre le Midi quotidien Perdre le Midi quotidien ; traverser des cours, des arches, des ponts ; tenter les chemins bifurqués ; m’essouffler aux marches, aux rampes, aux escalades ; Eviter la stèle précise ; contourner les murs usuels ; trébucher ingénument parmi ces rochers factices , sauter ce ravin ; m’attarder en ce jardin ; revenir parfois en arrière, Et par un lacis réversible égarer enfin le quadruple sens des Points du Ciel. --- Tout cela, - amis, parents, familiers et femmes, - tout cela pour tromper aussi vos chères poursuites ; pour oublier quel coin de l’horizon carré vous recèle, Quel sentier vous ramène, quelle amitié vous guide, quelles bontés menacent, quels transports vont éclater. --- Mais, perçant la porte en forme de cercle parfait ; débouchant ailleurs : (au beau milieu du lac en forme de cercle parfait, cet abri fermé, circulaire, au beau milieu du lac, et de tout,) Tout confondre, de l’orient d’amour à l’occident héroïque, du midi face au Prince au nord trop amical, - pour atteindre l’autre, le cinquième, centre et Milieu Qui est moi.

    Une publication partagée par Titi_Libraire (@titilibraire) le



     
    En librairie : les œuvres complètes ont été publiées en collection Bouquins. Les œuvres majeures que sont Stèles et Les Immémoriaux, ou encore René Leys et Equipée, sont disponibles dans diverses collections de poche.  Signalons la réédition, avec une nouvelle préface, des ajouts et des modifications de textes, des Cahiers de l’Herne qui lui furent consacrés, ainsi que la parution en poche de la magnifique « biographie » Mes pas vont ailleurs de Jean-Luc Coatalem, initialement parue chez Stock.

    Victor Segalen – Oeuvres complètes - Coll Bouquins – Robert Laffont – tome 1 – 9782221064627 – tome 2 – 9782221067055 – chaque tome 32 €
    Victor Segalen – Stèles – Coll. Poésie – Gallimard - 9782070320707 – 6,40 €
    Victor Segalen – Equipée – Coll L’Imaginaire – Gallimard – 9782070253692 – 7,50 €
    Victor Segalen – René Leys – Folio – 9782070411825 – 9,50 €
    Victor Segalen – Les immemoriaux – Le Livre de Poche - 9782253160571 – 5,90 €
    Collectif, dir. Christian Doumet et Marie Dollé - Victor Segalen - Cahiers de l’Herne – 9791031902456 – 29 €
    Jean-Luc Coatalem – Mes pas vont ailleurs – Le Livre de Poche – 9782253073840 – 7,40 €
  • Décerné annuellement par l’Association des écrivains de langue française, le Grand Prix Littéraire d’Afrique noire a été...

    Décerné annuellement par l’Association des écrivains de langue française, le Grand Prix Littéraire d’Afrique noire a été remis cette année à Armand Gauz, a appris ActuaLitté. Il aura par le passé et depuis 1986, salué la carrière d’écrivains comme Ahmadou Kourouma (90, Côte d’Ivoire) ou encore Léopold Sédar Senghor (96, Sénégal).


    Armand Gauz - festival du premier roman de Chambéry 2019
    Gauz - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

     

    C’est pour le roman, Camarade Papa, publié au Nouvel Attila lors de la rentrée littéraire de septembre que l’écrivain originaire d’Abidjan a été retenu.

     

    1830. Un jeune homme, Dabilly, fuit la France et une carrière toute tracée à l’usine pour tenter l’aventure coloniale en Afrique. Dans une « Côte de l’Ivoire » désertée par l’armée française, quelques dirigeants de maisons de commerce négocient avec les tribus pour faire fructifier les échanges et établir de nouveaux comptoirs. Sur les pas de Dabilly, on découvre une terre presque inexplorée, ses légendes, ses pactes et ses rituels... 

    Un siècle plus tard, à Amsterdam, un gamin d’origine africaine raconte le monde postcolonial avec le vocabulaire de ses parents communistes. Lorsque ceux-ci l’envoient retrouver sa grand-mère et ses racines en Afrique, il croise les traces et les archives de son ancêtre. Ces deux regards, celui du blanc sur l’Afrique et celui du noir sur l’Europe, offrent une histoire de la colonisation comme on ne l’a jamais lue. 



    Un ouvrage que ActuaLitté avait particulièrement apprécié : « C’est donc un tout autre point de vue, en amont de la prise de pouvoir des pays européens sur l’Afrique, et non selon un point de vue seulement politique, mais aussi humain. Et les choses se révèlent bien plus complexes que l’on pourrait avoir envie de croire. »

     

    Critique : Camarade Papa, de Gauz

     

    Fondée en février 1926, l’ADELF réunit, dans un même attachement à la langue française, des écrivains de toutes origines. « Son objectif est de révéler de nouveaux talents et de consacrer les écrivains majeurs qui, par la qualité de leur écriture et la force de leur engagement, font rayonner dans le monde entier les valeurs de la francophonie. »
     


     

    Gauz avait déjà reçu le 11e prix Ivoire pour son roman.

     


     

     

    Gauz - Camarade Papa – Editions Le Nouvel Attila – 9782371000230 - 19€

    Retrouver la liste des prix littéraires français et francophones
  • Dans un communiqué, les éditions Milan ont annoncé la nomination de Karine Leclerc au poste de co-directrice générale...
    Dans un communiqué, les éditions Milan ont annoncé la nomination de Karine Leclerc au poste de co-directrice générale des Editions Milan.
     

    Elle travaillera en tandem avec Louis-Pascal Deforges, co-directeur général des Editions Milan et de Bayard Editions depuis 2017. Elle dirigera une équipe de 35 personnes en charge de développer le catalogue jeunesse de Milan qui publie plus de 300 nouveautés par an en documentaires, éveil, albums, fiction et BD.

    Elle remplace à ce poste Christophe Tranchant qui quittera ses fonctions en juillet prochain.
     
    Karine Leclerc porte la direction éditoriale du pôle jeunesse de Glénat depuis 2015, après avoir occupé la fonction de responsable d'édition au sein du pôle BD. Avant ce poste, elle avait été responsable d'édition chez Milan entre 2001 et 2005. Elle est titulaire du DESS d'édition de Villetaneuse.

     
  • L’exposition « le Livre & la Mort » se déroule en ce moment à la Bibliothèque Mazarine et Sainte-Genevièvre, jusqu’au...
    L’exposition « le Livre & la Mort » se déroule en ce moment à la Bibliothèque Mazarine et Sainte-Genevièvre, jusqu’au 21 juin. Elle dévoile les étroits les liens qui unissent la mort et l’écrit. De l’épigraphie au manuscrit en passant par l’imprimé, tous ont été mobilisés pour préserver le souvenir des disparus.
     
     
    La Mort "fait son entrée" en littérature au 14e siècle, suscitant une appréhension moins abstraite du trépas. On représente désormais la déchéance des corps, souvent associée au Jugement dernier, l’Enfer et le Ciel.

    À la fin du Moyen Âge, l’articulation de différents facteurs explique le développement d’une sensibilité macabre, d’une attention marquée à la mort : les fléaux du temps, la peste et la guerre, les changements d’une société désormais plus complexe, où l’individu émerge du groupe, la prédication des ordres mendiants qui, incitant les populations à faire leur salut, martèle l’inéluctabilité de la mort. Alors les représentations des morts investissent le livre.

    Le corpus des images évolue, influencé par l’Humanisme, la Réforme et la reconquête catholique, touché par l’évolution du cérémonial funéraire, s’adaptant aux nouvelles pratiques sociales d’encadrement de la mort. Le recours au média imprimé pour célébrer les grands défunts, et bientôt pour « faire part » des morts plus ordinaires, donne lieu à une vaste production documentaire, des pompes funèbres, tombeaux littéraires et reliures de deuil, aux modestes billets d’enterrement.

    Cette exposition interroge la variété des apparitions de la Mort dans le livre européen, du Moyen Âge au 18e siècle. À travers l’illustration peinte et gravée, l’ornement typographique, la reliure ou l’héraldique, se déploie une iconographie funèbre ou macabre fascinante, avec ses scénographies et sa gestuelle (la Mort qui frappe, fauche, entraîne, moque, désigne, triomphe), ses attributs et symboles (faux, dard, crâne, tibia, larmes, torchères), dont il importe de comprendre le sens et les évolutions.


    Plus d'information sur le site de la bibliothèque Mazarine

Ressources

► Emission de France 3

Un Livre, un jour

 

 ► L'actualité littéraire :

Evene

 

► Les boloss des belles lettres ou la littérature autrement

Résumés d'oeuvres classiques et contemporaines, librement adaptées

 

 

 ► Un outil révolutionnaire

 

 

► Madame Bovary de Gustave Flaubert, raconté par Jean Rochefort